Manuel Pratt

Manuel PRATT

AVIGNON 2008

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CIE MANUEL PRATT AVIGNON OFF 2004

Six spectacles en Avignon, dont deux créations.

Théâtre du Bélier Jour pair 11h00 LIMITE

Elle est Juive, lui est S.S. Elle pianiste, lui mélomane. Il veut qu'elle parle, elle veut se taire. Jusqu'où peut-on aller dans la douleur?
Deux êtres qui s’affrontent, dans un univers absurde cauchemardesque où fascination et répulsion atteignent toute leur démesure. On ne connaît ses limites que lorsqu'on les a dépassées.

Théâtre du Bélier Jour impair 11h00 LADIES AND GENTLEMEN: LENNY BRUCE - Création -

Provocateur, rebelle, il repoussait les limites sur scène et dans sa vie. Dénonçant les tabous et les non-dits d'une Amérique puritaine, dans une époque si semblable à la notre. Il en est mort.
Un spectacle mélangeant l'humour et la violence, sur la vie d'un homme dont l'égalité pour tous était un combat perpétuel.

La Luna Jour pair 20h30 JE NE M'APPELLE PAS HUGO - Création -
Manuel Pratt seul sur scène, un stand up à l'image de son maître Lenny Bruce. Incisif, il porte un regard lucide sur le monde actuel. Pour vaincre ses peurs il provoque le rire. L'unique cible de tous ses one man, la bêtise humaine... autant dire qu'il n'a pas fini d'écrire.

La Luna Jour impair 20h30 LE TICKET
Si devant votre bourreau vous deviez donner une bonne raison pour qu’il vous laisse en vie. Que diriez-vous ? Chaque jour le public décide et vote qui sera la victime sacrifiée, pour le moment c’est vous le juge, assis dans la salle… Mais jusqu’à quand ?

Le Petit Chien Jour pair minuit COULOIR DE LA MORT
Pendant deux ans, Manuel Pratt a communiqué avec un condamné à mort aux USA. Récit terrifiant des conditions de détention des détenus, les souffrances et les tortures morales. Plaidoyer impitoyable sur un système barbare, les mots sont violents comme le sujet.


Le Petit Chien Jour impair minuit EVADE D'AUSCHWITZ
Témoignages bruts de trois déportés, sans artifice ni complaisance poisseuse pour l'horreur et nul message moralisateur. Ce n'est pas tant un spectacle qu'une mise en espace des mots des survivants. Un tête à tête angoissant avec la barbarie nazie, qui renvoie aux terreurs d'aujourd'hui qu'elles soient algériennes, serbes, bosniaques, afghanes...

Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite (Brecht)


La compagnie Manuel Pratt a été crée en 1998.
Elle ne reçoit aucune subvention, aucune aide financière, aucun don et ne bénéficie d’aucun avantage fiscal.
Néanmoins, elle arrive à présenter deux créations annuelles au festival d’Avignon.
Cela grâce à un travail suivi et constant, des économies sur les cachets des comédiens qui appartiennent à cette compagnie et bien sûr grâce à une partie des « revenus » versés en tant qu’intermittent du spectacle.
Ce statut permet d’assurer tout ce qui cadre avec une création théâtrale : temps de l’écriture, répétitions, choix des comédiens, travail administratif, création d’affiches et de tracts, mailings, phoning…
Nous ne travaillons pas que 507 heures par an… La loi des 35 heures ne peut s’appliquer au secteur du spectacle !!
En 2003, nous avons fait grève car nous ne pouvions jouer dans un festival où le fait d’être artiste était renié et insulté par un gouvernement sous le contrôle du MEDEF.
Nous avons fait grève car le public aussi était en danger.
Nous ne voulons pas que « Star Academy », « Big Dil », « Fear Factor » ou encore « La Ferme » soient les seuls « divertissements » imposés par une élite cravatée.

En 2003, nous avons rencontré un public attristé et perdu mais souvent compréhensif et solidaire de notre lutte.
2003 fut une prise de conscience, une année où les masques sont tombés, où des familles se sont crées et déchirées.
Plus jamais nous ne ferons notre métier comme avant.
Notre combat continue.
Nos revendications sont les mêmes cette année.
Mais cet été, il faut jouer. Pour rencontrer le public et lui parler du danger de cette mort annoncée du monde culturel.
Il faut être présent, en spectacles, en forums, en débats…
Le MEDEF serait trop heureux de notre absence et de notre résignation.
Nous ne lui donnerons pas ce plaisir.
La télé poubelle ne prendra pas la place du spectacle vivant.
C’est une question de dignité et la dignité n’est pas de tendre l’autre joue.

Manuel Pratt

Lettre envoyée à l'organisation du public OFF:

Hello,

Suite à votre demande de réponse sur le bilan de notre compagnie après le Festival d'Avignon 2003, je me permets de vous répondre. Ne voyez pas dans cette missive une attaque personnelle mais plutôt un simple constat, un simple regard.

Notre compagnie joue en Avignon depuis 1988, nous savons à quel point votre Programme est important, en 1988, nous n'étions pas inscrits dans le Public Off et ce fut assez terrible pour avertir le public de notre présence ! Nous apprécions le sourire de vos collaboratrices, le sens de l'accueil et surtout le numéro "Eté comme Hiver" qui nous a permis de contacter des professionnels et donc d'avoir de nouveaux contrats. Néanmoins, cette lettre, votre lettre était assez bizarre, elle comporte des points qu'il faut relever.

Vous parlez d'abord de "la médiatisation énorme de l'annulation du Festival d'Avignon", c'est vrai, encore une fois les médias menteurs et crétins n'ont pas su faire la distinction entre le In et le Off. Mais, c'est une habitude, c'est banal, combien de reportages ne sont consacrés qu'au In sur les chaînes de télévision alors que nous, comédiens du Off sont ignorés et ne comptent pas ! Nous n'existons pas pour eux, pour la bonne raison que nous ne participons pas aux dîners après spectacles où tout le gratin parisien se montre accompagné par les responsables poisseux de la culture de la région Paca, la maire d'Avignon en tête. Donc, l'amalgame, c'est une habitude et même en tant que gréviste, cette année, je l'ai même trouvé très sympa ! N'en déplaise à Mme ROIG. Le In sans le Off n'a pas l'impact et la fréquentation désirée ! Et l'inverse est valable aussi, belle leçon de ce festival 2003 !

Puis, vous parlez de la" tristesse et de l'inquiétude " du public, je dirai surtout de l'ignorance du public ! Le public vient pour se distraire, c'est bien mais cela ne suffit pas ! Avignon n'est pas Eurodisney où on préfère ignorer le réel salaire du travailleur clandestin payé une poignée de chips pour faire Mickey ! Il fallait montrer aux gens ce qu'était le festival, le prix, l'envers du décor, et ce travail n'a été fait que par les compagnies grévistes ! Non par vous qui ne pensiez qu'à vendre les cartes Off. Ce n'est pas une attaque, c'est juste un constat !

"Il faut que les salles de théâtre vivent dans l'avenir", c'est une bien belle phrase ! Mais, elles vivront par l'argent des troupes, vous ne voyez pas le réel problème, je ne m'inquiète pas de l'avenir des loueurs, il y aura toujours des sociétés de production qui auront l'argent nécessaire pour louer des créneaux horaires, mais, je me soucie de l'avenir financier des petites compagnies qui sont maintenant en train de crever. Plaignez les troupes et non les salles de théâtre, c'est un nouvel effort qu'il faut que vous fassiez même si vous n'en avez pas l'habitude.

Oui, vous avez raison, le festival 2004 ne sera pas et ne doit pas se dérouler comme celui de 2003, mais, pour une raison simple, notre profession a été assassinée par un protocole immonde et 40 % des intermittents vont disparaître ! C'est sûr, rien ne sera plus pareil! Certes, ceux qui les remplaceront ne seront pas des dangereux Trotskistes (je reprends les termes du MEDEF), mais ils risquent d'être des artistes calmes, plats, colla????;?A ¤borateurs d'un système épurateur.

Cela me réjouit de penser que notre compagnie essayera de survivre coûte que coûte pour déranger cette mentalité pétainiste qui habillera la culture en France... Si on peut appeler cela de la culture. Je ne délire pas, non, je me rappelle ses parades débiles, tellement nulles qu'elles en devenaient pathétiques Place de l'Horloge cet été. Voilà, une séquence de ce que vont devenir les festivals à venir. Et je ne parle même pas des titres de spectacles ...

Maintenant, il faut être positif et se dire qu'on ne sait jamais, que nous pourrons tenir, que les Français ne sont pas des veaux, qu'il y a des suggestions à faire. Vous les demandez, en voici quelques unes :

- En première page, indiquer au public le prix que nous payons pour l'inscription dans votre programme qui, je le maintiens reste très pro. Les gens ne gaspilleraient pas les exemplaires !!

- En face de chaque théâtre dans vos rubriques, indiquer le prix des locations des salles. Le public pense souvent qu'on nous les prête...

- Ne pas vendre vos cartes Off avant le festival, avec des fois des prix compétitifs dans certaines sociétés ou bien ne plus obliger les compagnies à en acheter pour les revendre!

Et surtout avoir une position nette et simple de vos idées et de vos convictions, c'est à dire éviter comme l'été dernier de sourire avec les grévistes et puis après de courir vendre vos cartes en disant au public que très peu de compagnies étaient grévistes ... Puis, le lendemain, recommencer Rue de la République à être parmi ceux qui luttaient.

Le festival d'Avignon, on le sait reste un immense business, on se montre, on vend son travail, on aime les rencontres, les artistes ont besoin de cela. Les loueurs le savent, c'est un rapport de camé-dealers, c'est classique. Je ne parle même pas des commerçants qui nous insultent d'Août à juin et qui d'un seul coup se rendent compte que leurs pizzas pourries en stocks ne seront pas vendues ...

La seule suggestion serait d'être honnête avec soi même et d'avouer vraiment la raison de sa propre présence sur le Festival. Je préfère un directeur de salle qui avoue n'aimer que l'argent des troupes plutôt qu'un pseudo amoureux du théâtre qui exploite les comédiens et se fichent pas mal du protocole. (Ce genre de pourriture pullule rue des Teinturiers). La suggestion de l'honnêteté demande du courage et de la franchise, j'espère trouver ces deux qualités chez vous cet été, car en 2003 ...

Et sachez que si vous ne vous battez pas auprès de nous, nous disparaîtrons, et vous serez dans le même Titanic que nous ... A moins que vous n'ayez d'autres portes de sorties cachées ...

Cordialement, à l'année prochaine, on peut toujours y croire.

Manuel PRATT