Manuel Pratt

Manuel PRATT

AVIGNON 2008

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Avignon 2007

Comme si de rien n’était.
Le Festival d’Avignon du 6 au 28 juillet 2007...
Les commerçants se réjouissent déjà de l’aubaine, certains ressortent leurs plats invendus de l’an dernier du congélateur, les pharmaciens augmentent leurs stocks d’Euphon, médicament contre l’extinction de voix et d’Oxyboldine, pour les digestions difficiles …
Comme si de rien n’était.
Pendant ce temps là, les avions d’Air France font le plein de carburant prêts à ramener manu militari vers des contrées lointaines, des couples aux enfants en pleurs.
Comme si de rien n’était.
La chaleur s’abattra sur Avignon, les CRS parcourront la ville en groupe de trois, croisant au passage la police municipale en groupe de trois, hé oui, ils sont six, l’heure du pastis…
Les RG plus fourbes prendront quelques photos et certains comédiens crétins proposeront aux forces de l’ordre ignares, bottées et casquées des tracts vantant leurs spectacles.
Les collabos sont partout.
Les pandores souriront devant les décolletés des ces comédiennes pitoyablement vêtues de leurs costumes de scène, soubrettes de Molière, enfourneront les tracts dans leurs poches de treillis bleus, en pensant :
"Oh, la salope, putain …je lui mettrai bien trois coups comme au théâtre … "
"Ah, ah, Jean Paul comme t’es marrant et instruit lui répondra son collègue !".
Comme si de rien n’était.
Pendant ce temps là, un malien, un sénégalais, reconduit à la frontière se fera passer à tabac, menotté, en classe touristes dans un 747, sous le regard souvent complice des autres voyageurs et si certains se lèvent et se plaignent, eux aussi subiront le même sort, ou se feront sortir de l’avion, garde à vue, interrogatoire, menaces et procès pour entrave à une action judiciaire.
Comme si de rien n’était.
Des faux professionnels viendront à la caisse des théâtres arborant avec sourire une carte d’accréditation d’un théâtre qui n’existe plus ou d’une maison de la culture démolie depuis 5 ans, mais, bon … pour un spectacle vivant, on ne va quand même pas payer…
Ils demanderont en plus un dossier du spectacle … Qu’ils accepteront avec dédain, éméttant au passage quelques critiques sur le travail qu’ils viennent de voir.
" Travail pas encore prêt avec de bonnes choses néanmoins, mais, bon … il faut voir ... il faut attendre ... Pourquoi pas en dehors de la programmation prévue, il faut en reparler…"
D’un coup, ils deviennent importants et la comédienne dégrafe encore plus son costume de soubrette, après tout … une petite pipe pour un cachet …
Comme si de rien n’était.
Pendant ce temps là, on prépare la rentrée, la suppression de tous les acquis sociaux, adieu Sécurité sociale, médecine de riches, médecine de pauvres.
T’as les moyens de te faire soigner, tant mieux, sinon, fais la manche et accroche toi au Doliprane générique.
Adieu le désir de s’inscrire en Facultés quand on est issu d’une famille modeste.
Employé d’où tu viens, esclave, tu resteras.
Les affiches se feront de plus en plus nombreuses dans les rues de la Cité des Papes.
Les théâtres subventionnés feront le plein, la mode, la rumeur.
Le Off sera de plus en plus off, off out, off over, off out over …
Le In se voudra chiant et snob, mais, le mistral se trouvera du coté des pauvres aux salles surchauffés et les spectateurs de la Cour d’Honneur attraperont une angine, une bronchite ou un début de pneumonie.
Juste retour des choses.

Pendant ce temps, on préparera à sortir du RMI des centaines de demandeurs d’emploi qui auront refusé un emploi de maçon alors qu’ils sont informaticiens ou réciproquement.
Comme si de rien n’était.
Les visages se creuseront. L’écart social se creusera. La misère ne sera pas moins pénible au soleil comme le chantait un piaffeur milliardaire, la misère est toujours laide et à combattre.
Qu’elle soit matérielle ou intellectuelle.
Mais au mois d’août la France « qui travaille » se fera rôtir sur les plages du Sud et déambulera désabusée devant les yachts de la France qui les exploite.
Les pauvres ont toujours une admiration pour ce qui brille et ce qu’ils n’auront jamais, et d’ailleurs que faire d’un yacht quand on habite Sarcelles ??
Comme si de rien n’était.
Certaines histoires d’amour se créeront, magie du festival qui s’efface dès le dernier jour.
Les imprimeurs prépareront leurs vacances.
Les arbres partis en tracts crétins essayeront de repousser pour l’année d’après…
Comme si de rien n’était.
Alors, pour que ces vingt deux jours ne soient pas qu’une pause estivale, une rencontre sympathique ou une marque de fidélité toujours plaisante, faisons nous une promesse, que le "Comme si de rien n’était" n’existe plus.
Une simple union qui peut faire la force, une simple création d’un mouvement, d’un groupement, d’un échange qui n’ait pas lieu que de la rue des Teinturiers à La Place Pie les trois dernières semaines de juillet.
Une vague contre la bêtise, contre TF1, contre les idées reçues porteuses de haine et complices de la trique.
La bêtise peut flétrir et disparaître si on l’arrose de l’engrais de la différence et du risque.
Unissons nous vraiment, même si cette phrase peut sonner Lutte, Parti et Kremlin.
Mais, je ne parle pas de cette lutte là qui pue la carte d’adhérent et les chansons Potemkine.
Non, une simple réunion d’êtres qui se parlent et qui mettent tout en oeuvre pour que les
« Attendons de voir », « De toute façon, je ne vois pas ce qu’on peut faire … »,
« Oui, mais, il y a trop d’assistés en France … » disparaissent à tout jamais et que ceux qui exploitent les différences non pour les unir et créer un complément mais pour attiser la haine, se retrouvent piteux et en ont honte.
Faisons le vite, ensemble, maintenant, comme si de rien n’était.
Comme si de rien n’était.

Manuel PRATT

AVIGNON 2007

La Valse Des Hyènes Création

Seul en scène, Pratt se met à nu, nous dévoilant pour la première fois ce qui a fait de lui l'auteur engagé et l'artiste provocateur que nous connaissons par ses one-man-shows, et son théâtre documentaire. Il nous offre son jardin secret dans un spectacle sobre et sincère, libre et terriblement émouvant.

article sur rue du theatre.info

« MAUX-DIRE »

On connait Manuel Pratt cynique et indépendant. Incisif et caustique. On le découvre ici infiniment humain. Fragile, cinglant, brisé… mais en cours de reconstruction. Thérapie par le rire et par le dire.

Comment envisager une vie d’adulte sereine lorsqu’on doit se construire sur une enfance brisée ? Lorsqu’on a grandi entre les rancunes entretenues, les haines tenaces, les racismes de tout poil ? Lorsqu’on a hérité, comme une tare génétique, des traumatismes, quoiqu’indirects, de la Shoah ? Comment se projeter dans l’avenir lorsque celui-ci a été, à jamais, marqué par la haine, par la violence et par le sang ?

Sans doute n’y aura-t-il jamais de véritables réponses à ces questionnements. Sans doute, l’oubli ne pourra jamais étendre son voile sur ces souvenirs. Mais dire la souffrance est sans nul doute la première étape pour approcher de l’apaisement. Et c’est dans cette logique que Manuel Pratt nous invite à un étrange parcours initiatique. Entre naïveté de l’enfance et douleurs assassines. Entre rires et larmes. Car du drôle, il y en a. L’humoriste transcende une partie de son passé par le rire. Mais pas le rire caustique auquel il nous a habitué jusqu’à présent. Un rire plus doux. Plus douloureux aussi. Un rire qui s’abîme dans les tourments de cette enfance brisée trop tôt et que le comédien exorcise un peu chaque jour.

Dire pour oublier. Dire pour se convaincre que tous les hommes ne sont pas des hyènes. Et peut-être finir par croire en l’humanité des gens. Peut-être seulement. Mais l’espérance elle-même est déjà beaucoup. Et la promesse d’amour qui brille dans les yeux d’une petite fille est sans nul doute le moteur essentiel de la reconstruction. Et, peut-être, du pardon. Un spectacle hors norme, dont on ne peut sortir indemne. Et dont on sort, sans doute, un peu plus humain.

Karine PROST
www.ruedutheatre.info

 

Accord Parental Souhaitable

Nouvelle version du spectacle, avec des chansons pour encore plus de rythme, encore plus d'engagement !! Isa Déon, au premier abord, on dirait un oiseau fragile. De grands yeux verts, une silhouette gracile, une fraîcheur d'enfant. Mais, il ne faut pas se fier aux apparences ! Car Isa Déon balance, elle balance grave ! C'est de la mitrailleuse lourde contre les tabous, les idées reçues, les petites ou grandes hypocrisies de notre quotidien ou d'une société puri-nauséabonde. Elle n'est comparable à personne, marche hors des sentiers battus par la force de ses mots, les sujets abordés et ce sourire candide qu'elle nous offre. Isa Déon c'est du vitriol servi dans une coupe de champagne, une rose pleine d'épines, un fouet dans un paquet cadeau.

La Boue

de Manuel Pratt par Corine Casabo

article sur ruedutheatre.info